En janvier 2025, le marché des meme coins a connu une phase de spéculation extrême. Avec le lancement du jeton TRUMP par le président américain Trump, une vague spéculative inédite a envahi le secteur, et le mythe des « 100x coin » a captivé l’attention du marché.
Dans le même temps, une procédure judiciaire a discrètement été engagée contre la plateforme Pump.fun.
Retour sur les faits récents.
Le cofondateur et Chief Operating Officer de Pump.fun, Alon Cohen, n’a publié aucun message sur les réseaux sociaux depuis plus d’un mois. Pour Alon, habituellement très actif et toujours « connecté », ce silence interpelle. Selon les données, le volume hebdomadaire des échanges sur Pump.fun est passé d’un sommet de 3,3 milliards de dollars en janvier à seulement 481 millions aujourd’hui, soit une chute supérieure à 80 %. Parallèlement, le cours du PUMP est tombé à 0,0019 $, soit une baisse d’environ 78 % par rapport à son plus haut historique.

En revenant au 12 juillet, il y a seulement quelques mois, la situation était radicalement différente. La vente publique de Pump.fun, proposée à 0,004 $ l’unité, s’est écoulée en 12 minutes et a permis de lever près de 600 millions de dollars, dopant la confiance du marché.
Le contraste entre l’euphorie du début d’année et la situation actuelle est saisissant.
Dans ces bouleversements, le programme de rachat reste la seule constante. L’équipe Pump.fun poursuit ses rachats quotidiens conformément au plan. À ce jour, le total des rachats atteint 216 millions de dollars, soit environ 15,16 % de l’offre en circulation.
Dans le même temps, la procédure judiciaire, passée inaperçue lors de la frénésie du marché, prend désormais de l’ampleur en toute discrétion.
L’affaire débute en janvier 2025.
Le 16 janvier, l’investisseur Kendall Carnahan a déposé une plainte (dossier n° : Carnahan v. Baton Corp.) devant le tribunal fédéral du district sud de New York, visant Pump.fun et ses trois fondateurs. La demande de Carnahan est claire : après avoir acheté des jetons $PNUT et essuyé des pertes, il accuse Pump.fun d’avoir vendu des titres non enregistrés, en violation du Securities Act américain de 1933.
Les pièces du dossier indiquent que la perte réelle de Carnahan s’élève à 231 $.

Deux semaines plus tard, le 30 janvier, un autre investisseur, Diego Aguilar, a déposé une plainte similaire (dossier n° : Aguilar v. Baton Corp.). Contrairement à Carnahan, Aguilar a acquis un éventail plus large de jetons — dont $FRED, $FWOG, $GRIFFAIN et d’autres meme coins émis sur Pump.fun. Sa plainte a une portée plus large, représentant tous les investisseurs ayant acheté des jetons non enregistrés sur la plateforme.
À ce moment-là, les deux affaires suivent des trajectoires distinctes, mais les défendeurs sont identiques :
L’opérateur de Pump.fun, Baton Corporation Ltd, et ses trois fondateurs : Alon Cohen (COO), Dylan Kerler (CTO) et Noah Bernhard Hugo Tweedale (CEO).
Les deux actions indépendantes ont rapidement retenu l’attention du tribunal. La juge Colleen McMahon du district sud de New York a relevé un problème : les deux affaires visent les mêmes défendeurs, la même plateforme et les mêmes violations présumées. Pourquoi les juger séparément ?
Le 18 juin 2025, la juge McMahon a interrogé directement les avocats des plaignants :
Pourquoi deux affaires distinctes pour les mêmes faits ? Elle exige que les avocats justifient la séparation des dossiers.
Les avocats des plaignants ont d’abord tenté d’argumenter pour maintenir deux actions distinctes — l’une centrée sur $PNUT, l’autre sur l’ensemble des jetons Pump.fun, suggérant deux plaignants principaux différents.
Mais la juge n’a pas été convaincue. Cette stratégie « diviser pour mieux régner » gaspillerait les ressources judiciaires et risquerait des décisions contradictoires. Le point central : tous les plaignants sont confrontés au même enjeu — ils accusent Pump.fun d’avoir vendu des titres non enregistrés et affirment être victimes d’un système frauduleux unique.
Le 26 juin, la juge McMahon ordonne la fusion des deux affaires. En application du Private Securities Litigation Reform Act (PSLRA), elle nomme Michael Okafor — qui, selon les pièces du dossier, a perdu environ 242 000 $ dans des transactions sur Pump.fun, bien plus que les autres plaignants — comme plaignant principal.
Ainsi, les investisseurs auparavant séparés forment un front uni.
Un mois seulement après la fusion des affaires, les plaignants frappent fort.
Le 23 juillet 2025, ils déposent une plainte consolidée modifiée, élargissant significativement la liste des défendeurs. Cette fois, il ne s’agit plus seulement de Pump.fun et de ses trois fondateurs, mais des principaux acteurs de l’écosystème Solana.
Nouveaux défendeurs :





