Les élections de mid-term de 2026 aux États-Unis pourraient devenir un facteur clé dans l’orientation de l’industrie cryptographique. Si le Parti démocrate reprend le contrôle du Congrès, la maîtrise des comités clés sera transférée, même si un soutien bipartite commence à se former, le pouvoir de définir l’agenda reste la véritable clé pour déterminer le destin législatif. Cet article est basé sur un texte publié par Bankless, organisé, traduit et rédigé par BlockBeats.
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Les élections de mid-term de 2026 aux États-Unis pourraient devenir un facteur déterminant pour l’avenir de l’industrie cryptographique.
Selon les prévisions, le marché anticipé considère généralement que le Parti démocrate a une probabilité plus élevée de reprendre la Chambre des représentants, voire de contrôler à la fois la Chambre et le Sénat. Si ce scénario se réalise, le contrôle des comités clés du Congrès sera transféré, avec Maxine Waters à la tête de la Commission des services financiers de la Chambre et Elizabeth Warren à celle de la Commission bancaire du Sénat.
Mais ce qui doit vraiment attirer l’attention, ce n’est pas « qui soutient la cryptographie », mais « qui contrôle l’agenda ».
Cet article, basé sur une analyse croisée des marchés de prévision, des positions des candidats et de la structure du Congrès, met en lumière un risque sous-estimé : même si un soutien bipartite commence à se former, si ce soutien ne peut pas entrer dans le processus des comités, il devient pratiquement sans importance. Le contrôle des auditions, des délibérations et de l’ordre du jour permet à un comité de décider du sort d’un projet de loi sans vote formel.
Structuré ainsi, c’est précisément cette contradiction centrale : bien qu’un certain pourcentage de membres démocrates ait changé de position en faveur de la cryptographie sur des projets spécifiques, ce soutien ne s’est pas traduit par une domination au niveau des comités. Lors des étapes décisives pour le destin législatif, la tendance reste prudente, voire opposée.
Avec la possible réorganisation du pouvoir suite aux mid-term, l’industrie cryptographique ne fait plus face à de simples fluctuations politiques à court terme, mais à une incertitude systémique plus profonde : la voie vers une régulation claire pourrait être interrompue avant même d’avoir réellement commencé.
Par conséquent, on peut établir une hypothèse relativement claire : dans le scénario de référence, la progression réglementaire stagnera ; dans un scénario plus pessimiste, des lois fondamentales comme celles sur les stablecoins ou la structure du marché pourraient être totalement bloquées, rendant les bénéfices politiques à court terme quasi nuls.
Voici le texte original :
Que vont vraiment signifier ces mid-term pour l’industrie cryptographique ? Alors que la probabilité que le Parti démocrate balaie la Chambre et le Sénat ne cesse d’augmenter, je souhaite examiner plus en détail quels signaux nous envoient les sondages actuels, et ce que cela implique pour l’avenir de la cryptographie.
Pour cela, je me suis référé aux données du marché de prévision, ainsi qu’à une base de données comme Stand with Crypto (SWC), qui recense les positions des candidats sur la cryptographie. En intégrant ces informations, j’ai également construit un tableau de bord visuel : après avoir collecté les données, j’ai utilisé Cursor pour le frontend, connecté la logique avec Claude Code, puis déployé le tout via Vercel.
Bien que les données soient encore en cours d’enrichissement, j’ai déjà créé une base de données pour suivre les circonscriptions où les candidats démocrates sont en tête, en les associant à leur position sur la cryptographie et à leur éventuelle entrée dans certains comités du Congrès. Cela me permet d’esquisser une première cartographie du contexte politique dans les prochains mois : en surface, il semble encore y avoir une marge d’action, mais une observation plus approfondie révèle des enjeux structurels plus profonds.
Tout d’abord, le soutien à la cryptographie au sein du Parti démocrate est en réalité plus important qu’on ne le pense — du moins pour certains projets de loi précis.
À la Chambre, 101 députés démocrates (environ 48 % du groupe) ont voté en faveur de la loi GENIUS ; au Sénat, 18 sénateurs démocrates (environ 40 %) ont voté pour faire avancer cette loi. Cela constitue une alliance bipartite de soutien. Mais ce soutien est segmenté par projet de loi : une fois en comité, c’est-à-dire au moment où la législation commence réellement à avancer, cette alliance se désagrège rapidement.
Et c’est là que réside le problème.
Les lois relatives à la cryptographie ne sont jamais votées directement en séance plénière.
Que ce soit pour les stablecoins, la structure du marché ou la régulation de la SEC, tout doit d’abord passer par l’examen des comités. La Commission des services financiers de la Chambre (HFSC) et la Commission bancaire du Sénat sont les deux lieux cruciaux pour l’avenir de la législation cryptographique (pour les lois touchant à la structure du marché, la Commission de l’agriculture doit aussi intervenir pour couvrir la régulation CFTC). Le président de chaque comité décide quels sujets auront des auditions, lesquels seront soumis à un examen ligne par ligne (markup), et lesquels seront silencieusement mis en suspens. Si le président s’oppose à un projet, il n’a même pas besoin de voter : il peut simplement ne pas le mettre à l’ordre du jour, le mettant ainsi en sommeil.
Les précédents présidents républicains ont déjà montré comment ce pouvoir peut être utilisé pour faire avancer la législation. Par exemple, le président du Comité bancaire du Sénat, Tim Scott, a poussé la loi GENIUS à travers le comité, puis à l’adopter au Sénat ; l’ancien président du Comité des services financiers de la Chambre, Patrick McHenry, a piloté la loi FIT21, la première loi majeure sur la structure du marché adoptée à la Chambre. Le président actuel, French Hill, poursuit cette dynamique, en promouvant des lois telles que la loi CLARITY (même si elle est encore bloquée au Sénat), et en organisant régulièrement des auditions sur la modernisation des actifs numériques et des marchés de capitaux.
Dans le Congrès américain, le parti majoritaire contrôle tous les postes de président de comité, sans exception.
Si le Parti démocrate prend la Chambre, il contrôlera tous ses comités ; s’il contrôle aussi le Sénat, il dirigera tous ses comités. Au sein du parti majoritaire, la présidence est généralement attribuée selon l’ancienneté.
Au sein de la Commission des services financiers de la Chambre, le membre démocrate le plus ancien est Maxine Waters ; au Sénat, c’est Elizabeth Warren. Ces deux figures sont connues pour s’opposer à presque tous les projets de loi majeurs sur la cryptographie. Warren a notamment exprimé son opposition lors de l’examen de la loi GENIUS, en invoquant des risques pour la sécurité nationale, tandis que Waters a qualifié cette loi de « fraude cryptographique totale ».
Plus important encore, le mécanisme de la Chambre : en cas de changement de majorité, toutes les sous-commissions sont réorganisées. La majorité peut non seulement décider de la répartition des sièges, mais aussi influencer la répartition des nouveaux membres. À ce moment-là, Waters aura une influence majeure sur la composition de la Commission des services financiers (HFSC) et de ses sous-commissions, y compris la tête du groupe dédié aux actifs numériques. Bien qu’elle ne puisse pas décider seule de tous les noms (les leaders du parti et la majorité interne participent aussi), elle peut orienter la structure vers une majorité anti-cryptographie plus favorable à ses positions.
En réalité, la composition actuelle du HFSC démocrate penche déjà en faveur d’une attitude critique envers la cryptographie, avec des membres comme Brad Sherman, Stephen Lynch, Emanuel Cleaver, Sylvia Garcia. Bien qu’il existe aussi des démocrates favorables à la cryptographie, tels que Jim Himes, Bill Foster, Ritchie Torres, Josh Gottheimer ou Vicente Gonzalez, leur influence est limitée face à Waters, qui contrôle la présidence.
La configuration du Comité bancaire du Sénat est relativement moins défavorable. Si Elizabeth Warren en devient la présidente, le comité sera une structure hybride : certains membres soutiennent la cryptographie, comme Mark Warner, Ruben Gallego, Angela Alsobrooks, tandis que d’autres sont clairement opposés, comme Tina Smith, ou ont une position plus indécise.
Un avantage marginal : si le Parti démocrate contrôle aussi le Sénat, alors le sénateur Gallego, qui a une bonne note dans le système de scoring SWC, pourrait obtenir la présidence du sous-comité des actifs numériques. Bien que Warren conserve la maîtrise de l’agenda global, Gallego pourrait au moins défendre une certaine voix favorable à la cryptographie au sein du sous-comité.
Une question plus concrète : la majorité des démocrates favorables à la cryptographie ne siègent pas dans les comités clés, comme la Commission des services financiers de la Chambre ou la Commission bancaire du Sénat.
Ils peuvent voter en faveur d’un projet de loi lors du vote en séance plénière, ou faire pression sur la direction du parti (même si, dans un contexte de politisation croissante de la question cryptographique, beaucoup hésitent à prendre position). Mais ce qu’ils ne peuvent pas faire, c’est forcer le président du comité à faire avancer une législation.
Ainsi, la véritable variable d’influence sur la politique cryptographique réside dans les résultats de quelques circonscriptions clés. Ces élections détermineront directement la composition des comités, et donc la possibilité ou non de faire avancer certains projets, indépendamment de la majorité globale.
Les perspectives pour la Chambre sont particulièrement sombres.
Si l’on estime à 85 % la probabilité que le Parti démocrate reprenne la Chambre, alors la présidence de Maxine Waters à la Commission des services financiers (HFSC) devient quasiment certaine. Elle pourra réorganiser la composition des sous-commissions et contrôler l’agenda. Les seules « lueurs d’espoir » seront des changements limités, comme le remplacement de Green par Menefee, ou la réélection de Gonzalez — mais ces ajustements ne changeront pas la dynamique fondamentale du pouvoir.
Le Sénat devient alors le dernier champ de bataille, mais la situation s’est encore détériorée la nuit dernière.
Lors de la primaire de l’Illinois, Juliana Stratton a battu Raja Krishnamoorthi. En combinant le score de SWC et le fait que Fairshake a investi 7 millions de dollars pour s’opposer à elle, on peut raisonnablement conclure que Stratton appartient à la camp anti-cryptographie.
Ce qui est encore plus frustrant, c’est la structure globale : il existe des démocrates favorables à la cryptographie. Dans les deux chambres, environ 47 % des démocrates ont soutenu la loi GENIUS, et dans la Chambre, 37 % ont soutenu la loi CLARITY. Mais le problème, c’est que le sort de ces lois ne dépend pas d’un vote en séance plénière.
Ce qui décide réellement du destin, c’est le stade des comités. Et dans les votes liés à la structure du marché, la ligne de fracture est presque totalement partisane. Le soutien existant ne s’est pas traduit par une influence concrète dans les lieux de décision clés.
La cryptographie ne devrait pas être une question aussi polarisée. Les démocrates favorables existent, mais ils ne détiennent pas le pouvoir.
Ce tableau de bord est encore en développement, et je continuerai à le mettre à jour dans les semaines et mois à venir. Même si les données sont encore incomplètes, la configuration globale est déjà très claire : la Chambre des représentants sera probablement un obstacle, et le vrai enjeu se situe désormais au Sénat.