Le Bureau des statistiques du ministère japonais des Affaires intérieures et des Communications a publié mardi les données de l’indice des prix à la consommation (IPC) de février, avec un taux d’inflation global réduit à 1,3 %, soit le plus bas depuis mars 2022, en baisse pour le quatrième mois consécutif, en dessous de l’objectif de 2 % fixé par la Banque du Japon (BOJ), et en recul par rapport à 1,5 % en janvier.
L’inflation de base est inférieure aux prévisions, principalement en raison de la stabilité des prix alimentaires
L’IPC de base, excluant les produits frais, s’élève à 1,6 %, en dessous de l’estimation des économistes de 1,7 %, et en nette baisse par rapport à 2,0 % en janvier. En excluant également l’énergie, l’IPC « core core » s’établit à 2,5 %, légèrement inférieur à 2,6 % en janvier.
La baisse de l’inflation est principalement due à la stabilité des prix alimentaires. La Première ministre japonaise, Sanae Sōmō, avait promis pendant la campagne électorale de suspendre la taxe alimentaire de 8 % pendant deux ans. De plus, la politique gouvernementale visant à réduire le coût de la vie continue de produire ses effets, contribuant à faire baisser l’inflation globale.
La Banque du Japon maintient ses taux inchangés, la situation au Moyen-Orient étant le principal facteur de risque
La BOJ a décidé la semaine dernière de maintenir le taux d’intérêt de référence à 0,75 %, tout en avertissant que la hausse des prix de l’énergie due à la guerre au Moyen-Orient pourrait faire grimper l’inflation. Stefan Angrick, économiste en chef de Moody’s pour le Japon, a indiqué que le conflit au Moyen-Orient représente une « surprise indésirable » pour le Japon — en tant que principal importateur d’énergie et de nourriture, les pressions inflationnistes liées aux perturbations de l’approvisionnement ne doivent pas être sous-estimées.
Angrick a ajouté que si le conflit au Moyen-Orient se résout rapidement, l’impact sur l’économie japonaise sera limité ; mais si la guerre se prolonge, l’impact sera significatif.
Croissance économique faible, espace de hausse des taux limité
Le PIB du Japon au quatrième trimestre a augmenté de seulement 0,1 % en glissement annuel, évitant de justesse une récession technique, et étant bien inférieur à la croissance de 0,6 % du troisième trimestre. La BOJ prévoit que l’IPC de base augmentera de 1,9 % en rythme annuel pour l’année fiscale 2026 (à partir d’avril), avec un « core core » à 2,2 %, anticipant une baisse temporaire de l’inflation en première moitié d’année. La faiblesse de la dynamique de croissance combinée à la baisse de l’inflation limite davantage l’espace de la BOJ pour augmenter ses taux, et la politique monétaire devrait rester prudente à court terme.
Cet article, « Le CPI de février au Japon en baisse pour le quatrième mois consécutif à 1,3 %, l’inflation de base inférieure aux prévisions, la guerre au Moyen-Orient comme menace de montée en intensité », a été publié initialement sur Chain News ABMedia.