Les développements récents dans les principales régions productrices de sucre redéfinissent les perspectives pour les actions liées au sucre et les fondamentaux du marché. Les chiffres de production en Asie, en Amérique latine, ainsi que les pressions croissantes à l’exportation créent une pression à la baisse importante sur les prix des matières premières. La combinaison de prévisions de production record et de dynamiques d’offre en mutation indique une période difficile à venir pour les acteurs du marché du sucre cherchant des opportunités d’investissement.
Boom de la production en Inde : un changement de jeu pour l’offre mondiale
L’Inde continue de s’imposer comme un moteur clé de la dynamique mondiale du sucre. Selon l’Association des sucreries indiennes (ISMA), la production du pays entre le 1er octobre et le 15 janvier de la saison 2025-26 a atteint 15,9 millions de tonnes métriques (MMT), soit une augmentation substantielle de 22 % en glissement annuel. Cette accélération reflète des conditions de mousson favorables et l’expansion des zones de culture dédiées à la canne à sucre.
Le rapport de novembre de l’ISMA a en outre porté sa projection pour l’ensemble de l’année 2025-26 à 31 MMT, contre une prévision précédente de 30 MMT — soit une hausse de 18,8 % par rapport à l’année précédente. Notamment, l’association a révisé à la baisse son estimation de la quantité de sucre destinée à la production d’éthanol, la réduisant de 5 MMT à 3,4 MMT. Cet ajustement libère une offre supplémentaire pour l’exportation, positionnant l’Inde pour tirer parti de sa place en tant que deuxième plus grand producteur mondial.
Les politiques gouvernementales amplifient la pression à l’exportation. Le ministère indien de l’Alimentation a approuvé 1,5 MMT d’exportations de sucre pour la saison 2025-26, assouplissant les restrictions en place depuis 2022, lorsque des contraintes de production avaient nécessité de protéger l’offre intérieure. Ces approbations d’exportation suggèrent que New Delhi cherche à gérer la surproduction domestique tout en captant des parts de marché internationales.
Le rôle du Brésil et de la Thaïlande dans le surplus mondial
La contribution du Brésil à l’actuel excédent d’offre reste importante. Unica, l’association brésilienne de l’industrie de la canne à sucre, a rapporté qu’à la mi-décembre, la production de sucre dans la zone Centre-Sud atteignait 40,158 MMT, en hausse de 0,9 % en glissement annuel. Plus significatif encore, la proportion de la canne broyée pour le sucre (plutôt que pour l’éthanol) est passée à 50,91 % en 2025-26 contre 48,19 % en 2024-25, indiquant une préférence des sucreries pour le sucre plutôt que pour les biocarburants.
Conab, l’agence officielle de prévision des récoltes au Brésil, a relevé son estimation de production pour 2025-26 à 45 MMT en novembre, contre une projection antérieure de 44,5 MMT. Le Service de l’agriculture étrangère (FAS) du USDA a également prévu une production brésilienne de 44,7 MMT pour 2025-26, soit une hausse de 2,3 % en glissement annuel.
La Thaïlande, classée troisième mondialement en production de sucre et deuxième en exportations, augmente également sa capacité. La Thai Sugar Millers Corporation prévoit une hausse de 5 % en glissement annuel, atteignant 10,5 MMT pour la saison 2025-26. Le FAS du USDA offre une vision légèrement plus conservatrice, anticipant une augmentation de 2 % à 10,25 MMT.
Surplus mondial croissant : une nouvelle perspective pour le marché
La convergence d’une production en hausse dans plusieurs régions se traduit par un surplus mondial important. L’Organisation internationale du sucre (ISO) a prévu un excédent de 1,625 million de MT pour 2025-26, une inversion spectaculaire par rapport à un déficit de 2,916 millions de MT en 2024-25. L’ISO attribue ce changement principalement à l’augmentation de la production en Inde, en Thaïlande et au Pakistan.
Plusieurs organismes de prévision ont révisé à la hausse leurs estimations de surplus. Covrig Analytics a porté sa projection de surplus mondial pour 2025-26 à 4,7 MMT dans ses rapports récents, contre une estimation d’octobre de 4,1 MMT. Le trader de sucre Czarnikow a encore augmenté son estimation de surplus à 8,7 MMT pour la même période. Le rapport de décembre du USDA prévoit une production mondiale pour 2025-26 en hausse de 4,6 %, atteignant un record de 189,318 MMT, tandis que la consommation ne croît que de 1,4 %, à 177,921 MMT — élargissant le déséquilibre entre l’offre et la demande.
Cependant, un soulagement pourrait apparaître lors de la saison suivante. Le cabinet de conseil Safras & Mercado prévoit que la production brésilienne de 2026-27 diminuerait de 3,91 %, à 41,8 MMT contre 43,5 MMT, avec des exportations en baisse de 11 % en glissement annuel, à 30 MMT. Covrig Analytics prévoit également que le surplus mondial se contractera à seulement 1,4 MMT en 2026-27, car des prix déprimés découragent l’expansion de la production.
Pression sur les prix et positionnement du marché
L’abondance d’offre exerce une pression directe sur les cotations à court terme. Les contrats mondiaux de mars NY #11 ont reculé de 1,54 %, tandis que les contrats à terme de mars sur le sucre blanc ICE Londres #5 ont chuté de 1,15 %, alors que les traders digèrent les perspectives de surplus croissant. La dynamique baissière soulève des inquiétudes, compte tenu du positionnement des acteurs financiers.
Selon le dernier rapport Commitment of Traders (COT), les gestionnaires de fonds ont considérablement accru leurs positions longues sur les contrats à terme de sucre blanc ICE Londres, ajoutant 4 544 contrats nets pour atteindre un record de 48 203 positions, remontant à 2011. Ce positionnement historiquement élevé crée une vulnérabilité à des baisses de prix plus marquées si le sentiment du marché change ou si les projections d’offre sont encore révisées à la baisse.
Implications pour les investisseurs et observateurs du marché du sucre
La confluence actuelle de prévisions de production record, d’autorisations gouvernementales d’exportation et de stocks mondiaux abondants constitue un vent contraire pour ceux qui ont une vision haussière du marché du sucre. Bien que la saison 2026-27 promette des fondamentaux plus tendus et un recul de la production, le court terme exige une attention particulière aux dynamiques croissantes de l’offre et à leur impact sur les contrats à terme et les positions en actions liées au secteur du sucre. Les acteurs du marché suivant les actions liées au sucre et l’actualité des matières premières doivent rester vigilants quant aux rapports de production et aux prévisions météorologiques pouvant accélérer ou retarder le rééquilibrage final de l’offre et de la demande.
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La hausse mondiale de la production de sucre pèse lourdement sur les prix du marché
Les développements récents dans les principales régions productrices de sucre redéfinissent les perspectives pour les actions liées au sucre et les fondamentaux du marché. Les chiffres de production en Asie, en Amérique latine, ainsi que les pressions croissantes à l’exportation créent une pression à la baisse importante sur les prix des matières premières. La combinaison de prévisions de production record et de dynamiques d’offre en mutation indique une période difficile à venir pour les acteurs du marché du sucre cherchant des opportunités d’investissement.
Boom de la production en Inde : un changement de jeu pour l’offre mondiale
L’Inde continue de s’imposer comme un moteur clé de la dynamique mondiale du sucre. Selon l’Association des sucreries indiennes (ISMA), la production du pays entre le 1er octobre et le 15 janvier de la saison 2025-26 a atteint 15,9 millions de tonnes métriques (MMT), soit une augmentation substantielle de 22 % en glissement annuel. Cette accélération reflète des conditions de mousson favorables et l’expansion des zones de culture dédiées à la canne à sucre.
Le rapport de novembre de l’ISMA a en outre porté sa projection pour l’ensemble de l’année 2025-26 à 31 MMT, contre une prévision précédente de 30 MMT — soit une hausse de 18,8 % par rapport à l’année précédente. Notamment, l’association a révisé à la baisse son estimation de la quantité de sucre destinée à la production d’éthanol, la réduisant de 5 MMT à 3,4 MMT. Cet ajustement libère une offre supplémentaire pour l’exportation, positionnant l’Inde pour tirer parti de sa place en tant que deuxième plus grand producteur mondial.
Les politiques gouvernementales amplifient la pression à l’exportation. Le ministère indien de l’Alimentation a approuvé 1,5 MMT d’exportations de sucre pour la saison 2025-26, assouplissant les restrictions en place depuis 2022, lorsque des contraintes de production avaient nécessité de protéger l’offre intérieure. Ces approbations d’exportation suggèrent que New Delhi cherche à gérer la surproduction domestique tout en captant des parts de marché internationales.
Le rôle du Brésil et de la Thaïlande dans le surplus mondial
La contribution du Brésil à l’actuel excédent d’offre reste importante. Unica, l’association brésilienne de l’industrie de la canne à sucre, a rapporté qu’à la mi-décembre, la production de sucre dans la zone Centre-Sud atteignait 40,158 MMT, en hausse de 0,9 % en glissement annuel. Plus significatif encore, la proportion de la canne broyée pour le sucre (plutôt que pour l’éthanol) est passée à 50,91 % en 2025-26 contre 48,19 % en 2024-25, indiquant une préférence des sucreries pour le sucre plutôt que pour les biocarburants.
Conab, l’agence officielle de prévision des récoltes au Brésil, a relevé son estimation de production pour 2025-26 à 45 MMT en novembre, contre une projection antérieure de 44,5 MMT. Le Service de l’agriculture étrangère (FAS) du USDA a également prévu une production brésilienne de 44,7 MMT pour 2025-26, soit une hausse de 2,3 % en glissement annuel.
La Thaïlande, classée troisième mondialement en production de sucre et deuxième en exportations, augmente également sa capacité. La Thai Sugar Millers Corporation prévoit une hausse de 5 % en glissement annuel, atteignant 10,5 MMT pour la saison 2025-26. Le FAS du USDA offre une vision légèrement plus conservatrice, anticipant une augmentation de 2 % à 10,25 MMT.
Surplus mondial croissant : une nouvelle perspective pour le marché
La convergence d’une production en hausse dans plusieurs régions se traduit par un surplus mondial important. L’Organisation internationale du sucre (ISO) a prévu un excédent de 1,625 million de MT pour 2025-26, une inversion spectaculaire par rapport à un déficit de 2,916 millions de MT en 2024-25. L’ISO attribue ce changement principalement à l’augmentation de la production en Inde, en Thaïlande et au Pakistan.
Plusieurs organismes de prévision ont révisé à la hausse leurs estimations de surplus. Covrig Analytics a porté sa projection de surplus mondial pour 2025-26 à 4,7 MMT dans ses rapports récents, contre une estimation d’octobre de 4,1 MMT. Le trader de sucre Czarnikow a encore augmenté son estimation de surplus à 8,7 MMT pour la même période. Le rapport de décembre du USDA prévoit une production mondiale pour 2025-26 en hausse de 4,6 %, atteignant un record de 189,318 MMT, tandis que la consommation ne croît que de 1,4 %, à 177,921 MMT — élargissant le déséquilibre entre l’offre et la demande.
Cependant, un soulagement pourrait apparaître lors de la saison suivante. Le cabinet de conseil Safras & Mercado prévoit que la production brésilienne de 2026-27 diminuerait de 3,91 %, à 41,8 MMT contre 43,5 MMT, avec des exportations en baisse de 11 % en glissement annuel, à 30 MMT. Covrig Analytics prévoit également que le surplus mondial se contractera à seulement 1,4 MMT en 2026-27, car des prix déprimés découragent l’expansion de la production.
Pression sur les prix et positionnement du marché
L’abondance d’offre exerce une pression directe sur les cotations à court terme. Les contrats mondiaux de mars NY #11 ont reculé de 1,54 %, tandis que les contrats à terme de mars sur le sucre blanc ICE Londres #5 ont chuté de 1,15 %, alors que les traders digèrent les perspectives de surplus croissant. La dynamique baissière soulève des inquiétudes, compte tenu du positionnement des acteurs financiers.
Selon le dernier rapport Commitment of Traders (COT), les gestionnaires de fonds ont considérablement accru leurs positions longues sur les contrats à terme de sucre blanc ICE Londres, ajoutant 4 544 contrats nets pour atteindre un record de 48 203 positions, remontant à 2011. Ce positionnement historiquement élevé crée une vulnérabilité à des baisses de prix plus marquées si le sentiment du marché change ou si les projections d’offre sont encore révisées à la baisse.
Implications pour les investisseurs et observateurs du marché du sucre
La confluence actuelle de prévisions de production record, d’autorisations gouvernementales d’exportation et de stocks mondiaux abondants constitue un vent contraire pour ceux qui ont une vision haussière du marché du sucre. Bien que la saison 2026-27 promette des fondamentaux plus tendus et un recul de la production, le court terme exige une attention particulière aux dynamiques croissantes de l’offre et à leur impact sur les contrats à terme et les positions en actions liées au secteur du sucre. Les acteurs du marché suivant les actions liées au sucre et l’actualité des matières premières doivent rester vigilants quant aux rapports de production et aux prévisions météorologiques pouvant accélérer ou retarder le rééquilibrage final de l’offre et de la demande.