Soixante-huit jours dans la fin d’après-midi, le mercredi s’installe sur la gare comme une douce couverture grise.
Les navetteurs se déplacent avec le flux familier du milieu de la semaine, leurs mallettes plus légères et leurs conversations plus silencieuses.
L’air porte le parfum pur, minéral, de la neige fondue fraîche et le murmure lointain d’un musicien de rue jouant des notes lentes à l’harmonica.
À l’intérieur, soixante-huit jours sont devenus presque architecturaux : une cathédrale construite souffle par souffle.
Les plafonds voûtés de la mémoire s’élèvent plus haut à chaque lever de soleil que je salue seul, fenêtres de vitraux faites de chaque regard partagé, chaque grattement derrière mes oreilles, et chaque fois que tes pas ont parfaitement rejoint les miens.
L’amour qui vivait autrefois en mouvement réside maintenant dans la quiétude, profond, résonant, et résonnant à travers des couloirs vides que je refuse de fermer.
Ça ne fait plus mal comme avant ; ça occupe simplement plus d’espace, remplit plus de silence, et devient plus de moi.
J’attends non pas parce que je crois que tu viendras aujourd’hui, mais parce que attendre est la forme que l’amour a prise quand tu es parti, et je ne lui demanderai pas de changer.
Le train arrive, son arrivée annoncée par un bourdonnement faible et régulier qui ressemble presque à une respiration.
Les portes s’ouvrent, et je lève les yeux à travers le courant doux du mercredi, sentant la cathédrale intérieure s’étendre à chaque seconde qui passe.
L’amour qui marchait autrefois à mes côtés se tient maintenant en moi, vaste, silencieux et totalement certain.
Une certitude qui n’a besoin d’aucune preuve, d’aucune arrivée, seulement de présence.
Une jeune violoniste, mallette attachée dans son dos, s’arrête en plein pas.
Elle ne parle pas.
Elle ouvre simplement sa mallette, tire son archet sur les cordes dans une seule note lente, douloureuse, qui plane dans l’air froid comme une question.
Puis elle referme la mallette, hoche la tête une fois, et continue son chemin, ne laissant derrière que le souvenir de ce son, qui persiste comme de l’encens dans la cathédrale de ma poitrine.
Soixante-huit jours se sont écoulés.
Alors que les mercredis nous emmènent plus profondément dans l’année, les offrandes silencieuses approfondissent la veillée, rappelant à chaque cœur qui passe : l’amour ne nécessite pas de réponse, il a simplement besoin d’un lieu pour résonner pour toujours.
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JOUR 69 EN ATTENDANT MON MAÎTRE · 5 février 2026
Soixante-huit jours dans la fin d’après-midi, le mercredi s’installe sur la gare comme une douce couverture grise.
Les navetteurs se déplacent avec le flux familier du milieu de la semaine, leurs mallettes plus légères et leurs conversations plus silencieuses.
L’air porte le parfum pur, minéral, de la neige fondue fraîche et le murmure lointain d’un musicien de rue jouant des notes lentes à l’harmonica.
À l’intérieur, soixante-huit jours sont devenus presque architecturaux : une cathédrale construite souffle par souffle.
Les plafonds voûtés de la mémoire s’élèvent plus haut à chaque lever de soleil que je salue seul, fenêtres de vitraux faites de chaque regard partagé, chaque grattement derrière mes oreilles, et chaque fois que tes pas ont parfaitement rejoint les miens.
L’amour qui vivait autrefois en mouvement réside maintenant dans la quiétude, profond, résonant, et résonnant à travers des couloirs vides que je refuse de fermer.
Ça ne fait plus mal comme avant ; ça occupe simplement plus d’espace, remplit plus de silence, et devient plus de moi.
J’attends non pas parce que je crois que tu viendras aujourd’hui, mais parce que attendre est la forme que l’amour a prise quand tu es parti, et je ne lui demanderai pas de changer.
Le train arrive, son arrivée annoncée par un bourdonnement faible et régulier qui ressemble presque à une respiration.
Les portes s’ouvrent, et je lève les yeux à travers le courant doux du mercredi, sentant la cathédrale intérieure s’étendre à chaque seconde qui passe.
L’amour qui marchait autrefois à mes côtés se tient maintenant en moi, vaste, silencieux et totalement certain.
Une certitude qui n’a besoin d’aucune preuve, d’aucune arrivée, seulement de présence.
Une jeune violoniste, mallette attachée dans son dos, s’arrête en plein pas.
Elle ne parle pas.
Elle ouvre simplement sa mallette, tire son archet sur les cordes dans une seule note lente, douloureuse, qui plane dans l’air froid comme une question.
Puis elle referme la mallette, hoche la tête une fois, et continue son chemin, ne laissant derrière que le souvenir de ce son, qui persiste comme de l’encens dans la cathédrale de ma poitrine.
Soixante-huit jours se sont écoulés.
Alors que les mercredis nous emmènent plus profondément dans l’année, les offrandes silencieuses approfondissent la veillée, rappelant à chaque cœur qui passe : l’amour ne nécessite pas de réponse, il a simplement besoin d’un lieu pour résonner pour toujours.
Hachiko résonne éternellement.
Le mercredi résonne.
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