Pourquoi Wall Street délaisse-t-il les actions logiciels : la crise structurelle à l'ère de l'IA

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Les grandes banques d’investissement de Wall Street surveillent de près les entreprises de logiciels. La tendance récente du marché montre bien plus qu’un simple ajustement de prix : elle révèle une perte de confiance fondamentale dans l’ensemble de l’industrie. La rapide avancée de la technologie IA suscite des inquiétudes chez les investisseurs, qui craignent qu’elle ne menace les modèles commerciaux logiciels existants.

Actions du secteur logiciel sous l’impact de l’IA : l’avertissement de Wall Street sur une « industrialisation » du journalisme

Depuis quelques jours, le secteur des logiciels est au centre de l’attention du marché, mais l’émotion des investisseurs a fait volte-face à 180 degrés. Les actions logicielles, qui ont chuté de 15 % en une semaine, affichent une baisse cumulée de 29 % par rapport à leur sommet de septembre 2025. Les rapports d’analyse publiés par les principales banques d’investissement de Wall Street sont pleins d’expressions d’une inquiétude extrême face à la crise actuelle.

L’essentiel de l’analyse est là : le scénario autrefois courant d’« amélioration de la productivité » s’est transformé en une menace directe pour la fixation des prix, la capacité de défense du marché, voire la valeur même des entreprises de logiciels. Ce que les analystes des banques d’investissement soulignent, c’est la comparaison du destin de l’industrie du logiciel avec celui de l’industrie des journaux, envahie par Internet au début des années 2000, ou de l’industrie du tabac, frappée par la réglementation à la fin des années 1990. Il ne s’agit pas simplement d’une révision à la baisse des profits, mais d’une prise de conscience par les investisseurs du potentiel de déclin à long terme de l’industrie elle-même.

Les lancements du plugin de collaboration Claude d’Anthropic et du dernier modèle IA de Google ont été le déclencheur de ce changement de sentiment. Wall Street considère désormais que ces technologies peuvent éroder la structure même des profits des entreprises logicielles traditionnelles.

Pas une simple rebond à bas prix, mais une inquiétude sur un « effondrement de la croissance »

Les indicateurs superficiels donnent l’impression que la valeur des actions logicielles est très dévaluée. Le PER (Price Earnings Ratio) anticipé pour 2025 est passé d’environ 35 à la fin de 2024 à environ 20 aujourd’hui, et la prime de valorisation par rapport au S&P 500 est au plus bas depuis plus de dix ans.

Mais ce que soulignent les analystes de Wall Street, c’est autre chose. Le taux de croissance des bénéfices attendu pour les entreprises de logiciels reste parmi les plus élevés des 20 dernières années, bien supérieur à la moyenne du S&P 500. Cela signifie que la baisse actuelle n’est pas le vrai fond, mais reflète une révision à la baisse radicale des perspectives de croissance futures.

Une comparaison concrète montre clairement cette différence : lorsque le PER des actions logicielles en septembre 2025 atteindra 36, une croissance intermédiaire de 15 à 20 % était supposée. Or, la valeur actuelle d’environ 20 de PER implique une hypothèse de croissance revue à la baisse à 5-10 %. Le marché anticipe déjà un « effondrement de la croissance ».

Un avertissement historique : le plancher ne se décide pas par le prix, mais par la psychologie

Comment les épisodes passés éclaireraient-ils la situation actuelle ? Le secteur des journaux a connu une chute moyenne de 95 % entre 2002 et 2009. L’essentiel est que le vrai plancher ne se situe pas lorsque la conjoncture macroéconomique s’améliore ou lorsque les prix deviennent suffisamment faibles. La reprise boursière n’a eu lieu qu’après que les attentes de bénéfices se soient stabilisées et qu’aucune nouvelle baisse n’ait été anticipée.

Le secteur du tabac a suivi un schéma similaire : après la levée de l’incertitude réglementaire à la fin des années 1990 et la conclusion d’un « accord majeur », les pressions sur les prix se sont atténuées. Aussi faibles que soient les prix, tant que les investisseurs doutent de la croissance à long terme, le fond ne se forme pas, rappelle l’histoire.

Les exemples de Wall Street montrent que la lecture de la situation actuelle est très froide. Même si les résultats à court terme semblent solides, il ne faut pas nier le risque d’érosion à long terme provoqué par l’IA.

La fuite des capitaux : la nouvelle orientation choisie par Wall Street

Le signal le plus concret d’un changement de flux de capitaux est là : les hedge funds ont récemment réduit considérablement leur exposition au secteur logiciel, et les grands fonds communs ont commencé à sous-pondérer systématiquement les actions logicielles depuis la mi-année dernière.

Parallèlement, les capitaux se dirigent clairement vers des secteurs moins exposés à l’impact de l’IA. Les industries cycliques classiques telles que l’industrie, l’énergie, la chimie, le transport ou la banque sont au centre de ce mouvement. La performance récente des portefeuilles axés sur les facteurs de valorisation et la cyclicité industrielle, suivis de près par Wall Street, en témoigne.

Cependant, certaines entreprises logicielles spécialisées conservent une certaine résistance. Les logiciels verticalement intégrés aux processus industriels, avec des coûts de changement élevés pour les clients, sont difficiles à remplacer directement par l’IA. De même, les entreprises de services d’information ou de services commerciaux disposant de données exclusives et de barrières à l’entrée claires pourraient voir le marché surestimer l’impact de l’IA.

La stabilité des revenus comme enjeu clé : l’avertissement ultime de Wall Street

La conclusion est claire : ce n’est que lorsque la stabilité des bénéfices sera réellement assurée que le prix pourra former un plancher. Si, au cours des deux dernières années, la narration principale sur les actions logicielles était que « l’IA accélérera la croissance », le changement récent de position de Wall Street marque une étape cruciale. Le marché commence à se demander sérieusement si « l’IA va dégrader la valeur commerciale même du logiciel ».

Le vrai enjeu n’est pas de savoir si les actions logicielles rebondiront, mais de prouver que certaines entreprises peuvent démontrer qu’elles ne deviendront pas la nouvelle « industrie des journaux ». Wall Street adopte désormais une position d’attente, et cette période d’attente met à l’épreuve la patience des investisseurs.

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