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Pourquoi Powell et la Réserve fédérale mettent en garde contre une éventuelle baisse du marché boursier en 2026
Le marché boursier a enregistré des gains impressionnants au cours des trois dernières années, le S&P 500 progressant de 16% rien que sur 2025. Toutefois, l’enthousiasme des investisseurs pourrait être prématuré. Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a mis en garde contre le fait que les actions se négocient à des niveaux de « valorisation assez élevés » au regard des mesures historiques, et d’autres responsables de la Fed ont fait écho à des préoccupations similaires. Combiné à l’incertitude politique entourant les élections de mi-mandat, 2026 pourrait poser de sérieux défis aux investisseurs habitués à des rendements solides.
L’alarme de la valorisation : lorsque Powell et la Fed lancent le signal
Jerome Powell n’est pas le seul responsable de la Réserve fédérale à pointer des signaux rouges concernant les niveaux de prix actuels du marché boursier. Lors de la réunion du FOMC d’octobre, plusieurs participants ont noté des « valorisations d’actifs étirées sur les marchés financiers », certains mettant spécifiquement en garde contre la « possibilité d’une chute désordonnée des prix des actions ». Le gouverneur de la Fed, Lisa Cook, a renforcé ces inquiétudes en novembre, en déclarant : « Actuellement, mon impression est que la probabilité de baisses marquées des prix des actifs a augmenté. »
Le rapport de la Banque centrale sur la stabilité financière a réaffirmé l’alerte, soulignant que le ratio cours/bénéfices prospectif (PE) du S&P 500 — qui s’établit actuellement à 22,2 fois les bénéfices — se situe près du haut de sa fourchette historique. Cette valorisation premium, notablement supérieure à la moyenne sur 10 ans de 18,7, a des implications importantes tant pour les gestionnaires de portefeuille que pour les investisseurs particuliers.
Un précédent historique : le schéma lorsque les multiples de PE prospectif dépassent 22
Le marché boursier n’a connu que trois occasions, dans l’histoire, où il a été négocié au-dessus de 22 fois les bénéfices prospectifs, et chaque cas a été précédé de fortes baisses :
L’ère des Dot-Com (fin des années 1990) : une fièvre spéculative s’est emparée des marchés, les investisseurs payant des sommes extraordinaires pour des startups Internet dont les modèles économiques étaient douteux. En octobre 2002, le S&P 500 avait plongé de 49% par rapport à son sommet.
La flambée post-pandémie (2021) : après d’importants plans de relance budgétaire et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, le marché boursier a atteint des valorisations dépassant 22x les bénéfices prospectifs. Les investisseurs ont sous-estimé l’impact de l’inflation. Le S&P 500 a ensuite reculé de 25% par rapport à son plus haut d’ici octobre 2022.
L’optimisme de l’administration Trump (2024) : les marchés ont d’abord célébré la réélection du président Trump, mais ont sous-estimé les effets déstabilisateurs pour le marché des tarifs proposés. Le S&P 500 a reculé de 19% par rapport à son sommet d’ici avril 2025.
Même si un ratio PE supérieur à 22 ne signale pas un krach immédiat, l’histoire montre un schéma sans équivoque : le marché boursier a connu systématiquement de fortes corrections après des valorisations aussi coûteuses.
Élections de mi-mandat : un test traditionnel de la patience des investisseurs
À l’incertitude propre au scénario 2026 s’ajoute une autre couche de risque : la contre-performance historique des actions pendant les années d’élections de mi-mandat. Depuis la création du S&P 500 en 1957, l’indice a délivré un rendement moyen anémique de seulement 1% (dividendes exclus) au cours de ces années — nettement en dessous de la moyenne annuelle historique de 9%.
La performance est particulièrement faible lors des mi-mandats quand un nouveau président est en fonction. Le S&P 500 a reculé en moyenne de 7% ces années-là, l’incertitude politique autour des changements de pouvoir au Congrès atténuant le sentiment des investisseurs. La raison sous-jacente est simple : les marchés n’aiment pas l’ambiguïté concernant l’orientation des politiques, et les campagnes de mi-mandat injectent une part substantielle d’incertitude dans le paysage de l’investissement.
La bonne nouvelle ? L’histoire montre que cette faiblesse est temporaire. La période de six mois suivant les élections de mi-mandat (de novembre à avril) a historiquement été l’une des plus solides du cycle présidentiel de quatre ans, le S&P 500 affichant des rendements d’environ 14% pendant cette fenêtre, selon les données de Carson Investment Research.
La convergence de deux vents contraires sur le marché
Ce qui rend 2026 particulièrement marquant, c’est la convergence de ces deux défis. Le marché boursier aborde l’année avec des valorisations à des niveaux historiquement élevés — soutenues par l’appréciation de Powell et par les avertissements officiels de la Réserve fédérale — précisément au moment où l’incertitude politique liée aux élections de mi-mandat menace d’ébranler la confiance des investisseurs.
Le multiple de PE prospectif de 22,2 représente une prime significative par rapport aux normes historiques. Pour donner du contexte, chacune des trois précédentes occurrences où les multiples ont dépassé ce seuil a entraîné des baisses comprises entre 19% et 49%. Combiné à la baisse médiane de 7% observée historiquement pendant les années de mi-mandat avec un président en poste, les investisseurs se retrouvent face à un scénario de risque cumulatif à l’approche de 2026.
En perspective : ce que les investisseurs devraient prendre en compte
La trajectoire actuelle du marché boursier n’est pas du tout certaine, mais la prudence de Powell et les avertissements plus larges de la Réserve fédérale pèsent lourdement. Les valorisations restent élevées au regard de la comparaison historique, et le calendrier politique apporte lui aussi son lot d’incertitudes. Aucun de ces facteurs, à lui seul, ne garantit une baisse du marché ; ensemble, ils suggèrent que les investisseurs devraient aborder 2026 avec une prudence appropriée et un positionnement équilibré de portefeuille, plutôt qu’avec un optimisme infondé.