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Je viens juste de regarder les marchés de l’énergie cette semaine, et les mouvements du pétrole brut ont été assez mouvementés. Nous voyons le April WTI en hausse d’environ 10 dollars pour clôturer vendredi, avec aussi l’essence qui bondit de près de 3 %. Les deux atteignent ici des plus hauts pluriannuels : le brut à un sommet de 2,5 ans pour les contrats à terme les plus proches.
La situation au Middle East est clairement le principal moteur. Jour sept du conflit et le Strait of Hormuz est toujours fermé, ce qui coupe essentiellement un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole. Le ministre de l’énergie de Qatar a fait des commentaires très appuyés à Financial Times, disant que cela pourrait « faire tomber les économies du monde » et laissant entendre que les producteurs du Golfe pourraient arrêter toute production dans quelques semaines. Ce genre de propos a tendance à faire monter le pétrole brut assez rapidement.
Les commentaires de Trump vendredi n’ont pas non plus aidé : en disant essentiellement qu’il n’y aurait pas de négociations avec Iran et en exigeant une reddition inconditionnelle. Le marché a interprété cela comme un risque de conflit prolongé, ce qui soutient évidemment des prix du brut plus élevés.
Du côté de l’offre, la fermeture du Strait of Hormuz a forcé Iraq et Saudi Arabia à constituer des stocks de leur pétrole brut puisqu’ils ne peuvent pas l’exporter. Goldman Sachs chiffre une prime de risque de $18 par baril rien que liée au risque d’un arrêt potentiel de six semaines du trafic des pétroliers. Il y a aussi eu cette attaque de drone sur Fujairah, aux UAE, qui a provoqué un important incendie, et Saudi Arabia a dû fermer sa plus grande raffinerie.
Mais voilà le problème : il y a aussi des vents contraires. OPEC+ augmente sa production de 206 000 b/j en avril, dans le but de rétablir ces 2,2 millions de b/j de réductions du début 2024. Et le stockage flottant s’accumule, en particulier avec du Iranian crude russe et iranien qui reste à bord de pétroliers à cause des sanctions et des blocus. Venezuela augmente lui aussi ses exportations, ce qui ajoute davantage de barils sur le marché.
La situation Russia-Ukraine soutient en fait les prix du pétrole brut. Les attaques ukrainiennes contre les Russian refineries et les tankers russes continuent de limiter la capacité d’exportation de Moscow, et de nouvelles sanctions n’aident pas non plus. Cette perturbation de l’offre reste favorable pour le brut.
Le côté US semble relativement équilibré : les stocks de pétrole brut sont en baisse d’environ 2,7 % par rapport à la moyenne sur cinq ans, même si l’essence est en hausse de 4,4 %. Le nombre de Oil rig count a augmenté à 411 la semaine dernière, mais reste encore très en dessous des 627 que nous avions observés en décembre 2022.
Donc, nous avons ce mélange de perturbations de l’offre qui fait monter le pétrole brut, mais aussi des stocks qui augmentent et des hausses de OPEC+ qui essaient de limiter la hausse. La prime géopolitique semble toutefois être le facteur dominant en ce moment.