Conflit de 60 jours, combien de temps l'Iran et les États-Unis resteront-ils bloqués sans guerre ni négociation ?

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Source : Xinhua Net

Le conflit en Iran a éclaté il y a 60 jours, et les États-Unis et l’Iran sont coincés dans une impasse de « non-guerre, non-discussion ». Récemment, le ministre iranien des Affaires étrangères a visité plusieurs pays pour répondre à la « offensive diplomatique » face à la « colère épique » et à la « furie économique » des États-Unis.

Pourquoi les États-Unis et l’Iran sont-ils dans cette impasse actuelle ? Combien de temps cette situation pourrait-elle durer ?

L’opinion internationale pense que les États-Unis et l’Iran pourraient être plongés dans une situation de « conflit gelé », avec un risque élevé de reprise des hostilités, mais que les deux parties ne souhaitent pas déclencher une guerre totale. De plus, la tension continue de déborder, impactant la sécurité et le développement régionaux et mondiaux : « cette guerre que les États-Unis ont lancée pour maintenir leur hégémonie fait payer le prix au monde entier ».

Quelle stratégie la diplomatie iranienne révèle-t-elle ?

Ces derniers jours, le ministre iranien des Affaires étrangères, Amir Abdollahian, a mené une diplomatie multilatérale, visitant successivement le Pakistan, puis rencontrant le sultan omanais Haitham. Son voyage en Russie le 27, en particulier, a attiré beaucoup d’attention.

Le président russe Poutine a discuté avec Abdollahian pendant une heure et demie à Saint-Pétersbourg. Poutine a déclaré que la Russie ferait tout son possible pour défendre les intérêts de l’Iran et des autres pays du Moyen-Orient, et pour promouvoir la paix dans la région.

Le 25 avril, le Premier ministre pakistanais, Shabaz (à gauche), a rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abdollahian, à Islamabad. Photo fournie par le bureau du Premier ministre pakistanais (source : Xinhua).

Selon diverses sources, à travers la visite d’Abdollahian, l’Iran a proposé un nouveau plan de négociation en étapes avec les États-Unis : d’abord se concentrer sur la crise du détroit d’Ormuz et le blocus maritime américain, avec une prolongation du cessez-le-feu ou un accord pour mettre fin à la guerre de façon permanente ; la reprise des négociations nucléaires ne commencerait qu’après la réouverture du détroit et la levée du blocus américain.

Abdollahian a également transmis à la Pakistan les conditions iraniennes pour mettre fin au conflit, notamment la mise en place d’un nouveau régime de gestion du détroit d’Ormuz, l’obtention d’indemnités de guerre, la garantie que les États-Unis lèveraient le blocus maritime et n’attaqueraient plus.

Les États-Unis ont confirmé avoir reçu le plan iranien, mais leur réaction n’a pas été positive. Un responsable américain a déclaré que le président Trump avait dit le 27 qu’il « n’aimait pas ce plan », car il ne traitait pas de la question nucléaire.

Les analystes estiment qu’en regard de l’attitude des deux parties, il existe toujours une volonté de poursuivre les négociations.

Le nouveau plan iranien montre que sa stratégie a évolué, passant d’une approche initiale globale et immédiate à un cadre d’action par étapes plus pragmatique. Tout en maintenant ses lignes rouges, l’Iran utilise une diplomatie multilatérale pour tester la réaction des États-Unis et tenter de prendre l’initiative dans de nouvelles négociations.

Pourquoi cette impasse de « non-guerre, non-discussion » entre les États-Unis et l’Iran ?

Les experts pensent que cette situation résulte de trois raisons principales, et qu’elle pourrait durer un certain temps.

Premièrement, la confiance politique est totalement rompue. Hassan Ahmadian, professeur à l’Université de Téhéran, affirme que l’Iran a abandonné ses illusions concernant les États-Unis et n’acceptera pas facilement leurs conditions de négociation. La récente visite d’Abdollahian au Pakistan n’était qu’une tentative de justifier ses efforts de médiation auprès du Pakistan.

Deuxièmement, les positions de négociation sont opposées. Actuellement, les divergences sur le programme nucléaire et le détroit d’Ormuz restent « irrémédiables ». Par ailleurs, les objectifs de négociation sont presque devenus évidents. Selon Al Jazeera, face à l’incapacité à dominer le champ de bataille, les États-Unis tentent de faire pression par la négociation pour obtenir ce qu’ils n’ont pas pu obtenir sur le terrain, tandis qu’Iran considère aussi la négociation comme une extension de la guerre et ne cédera pas facilement.

Troisièmement, la pression intérieure est forte. Selon Bao Chengzhang, expert à l’Université des langues étrangères de Shanghai, les deux parties subissent une pression domestique. La administration Trump est dans une situation difficile : elle ne veut pas faire de concessions lors des négociations, ni engager une nouvelle guerre contre l’Iran. Avec les élections de mi-mandat approchant, leur marge de manœuvre est encore plus limitée. De leur côté, la nouvelle direction iranienne souhaite renforcer sa position intérieure par une ligne dure envers les États-Unis, mais la guerre coûte cher en pertes et en fatigue, ce qui limite aussi leur capacité à continuer le conflit.

Le 16 avril, le président américain Trump a été interviewé par des médias sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington. Photo fournie par Xinhua (source : Li Yuanqing).

Selon l’analyse, derrière cette impasse de « non-guerre, non-discussion », chaque partie tente de gagner du temps pour élargir sa marge de manœuvre stratégique. Les États-Unis cherchent à « affaiblir » l’économie iranienne par un blocus maritime, voire provoquer un changement de régime en Iran ; l’Iran, de son côté, espère profiter des fluctuations des prix du pétrole et de la pression politique liée aux élections américaines pour « faire plier » Trump.

Sans événement imprévu majeur, cette confrontation pourrait durer. Selon un chercheur australien, cette impasse pourrait devenir une « guerre gelée », où la cause du conflit reste non résolue, avec un conflit à faible intensité susceptible d’éclater à tout moment, mais sans atteindre une guerre totale.

60 jours de conflit : comment cela impacte-t-il le monde ?

Les hostilités lancées par les États-Unis et Israël durent depuis deux mois, et ont des effets de plus en plus profonds sur le Moyen-Orient, le monde, et même « votre vie, ma vie, nos vies ». Selon les médias américains, « le monde entier paie le prix de la guerre lancée par les États-Unis ».

— Le détroit d’Ormuz pourrait entraîner des « impacts irréversibles ». En raison de l’impasse dans le conflit, le détroit d’Ormuz est désormais soumis à un « double blocus » par les États-Unis et l’Iran, ce qui perturbe le marché mondial de l’énergie, bloque le commerce et les chaînes d’approvisionnement, met sous pression le système alimentaire, secoue l’environnement financier mondial et augmente le risque d’inflation dans plusieurs pays. Plusieurs institutions ont abaissé leurs prévisions de croissance économique mondiale pour cette année.

Un article de « Nikkei Asia » indique que c’est « la guerre la plus destructrice économiquement depuis un demi-siècle », qui secoue plusieurs piliers de l’économie mondiale, et dont les effets dureront plusieurs années, sans pouvoir être rapidement inversés.

Le 26 avril, un incendie s’est déclaré dans le sud du Liban après une attaque de l’armée israélienne. Photo fournie par Xinhua (source : Gil Cohen Magen).

— La région est confrontée à une double crise de sécurité et de développement. La confrontation entre les États-Unis, Israël et l’Iran pourrait durer longtemps, avec un risque permanent de reprise ou d’escalade des hostilités. Par ailleurs, des groupes comme les Houthis au Yémen ou le Hezbollah au Liban pourraient s’impliquer, entraînant une instabilité prolongée dans la région.

Surtout pour les pays du Golfe, la « sécurité » promise par les États-Unis devient en réalité une « source de risque » : la région, déjà instable, a perdu son statut d’« oasis de stabilité au Moyen-Orient », et la sécurité et le développement y sont désormais en difficulté.

— L’ordre mondial est remis en question. La guerre en Iran montre que l’hégémonie américaine a créé une inertie extrêmement dangereuse, qui constitue la racine de l’instabilité mondiale actuelle. Si cette puissance n’est pas contenue, la rupture des règles pourrait entraîner un « effet de vitrine cassée », où des comportements dangereux, auparavant impensables, deviendraient plus fréquents, rendant le monde plus chaotique et instable.

La guerre en Iran, visant à préserver l’hégémonie américaine, provoque une « crise systémique » mondiale, selon Brahma Cherani, professeur au Centre de recherche sur la politique indienne, qui ajoute : « et le monde commence tout juste à en payer le prix. »

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