Le président français Emmanuel Macron a été interviewé par les médias de six pays européens, critiquant l’administration Trump pour son anti-Europe et sa tentative de « désintégrer » l’UE, avertissant que le conflit entre les États-Unis et l’Europe va à nouveau s’intensifier dans le domaine de la réglementation numérique.
(Résumé : Les États-Unis, le Danemark et le Groenland ont officiellement lancé des négociations tripartites, et le lion Trump a ouvert la bouche pour « un accès permanent »)
(Supplément de contexte : BNP Paribas et 10 banques européennes ont lancé le stablecoin en euro Qivalis, dont le lancement est prévu dans la seconde moitié de 2026)
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Selon le Straits Times, le président français Emmanuel Macron a été interviewé mardi par des journaux de six pays européens, dont Le Monde et le Financial Times, lançant à ce jour l’avertissement le plus sévère aux relations américano-européennes.
Macron a déclaré sans détour que l’administration Trump adopte une position « ouvertement anti-européenne », et que son objectif ultime est de promouvoir le « démembrement » de l’UE. Il a souligné : « Face à une agression évidente, je ne pense pas que nous devrions nous incliner ou chercher la réconciliation. » Il a reconnu que la stratégie de médiation diplomatique de l’Europe ces derniers mois n’a pas fonctionné.
Macron a utilisé les troubles causés par la tentative de Trump de prendre le contrôle du Groenland comme exemple, le définissant comme le « moment Groenland » de l’Europe (moment Groenland), et a appelé les dirigeants de l’UE à ne pas confondre l’assouplissement temporaire récent des tensions entre les États-Unis et l’Europe comme un changement permanent dans la politique de Washington.
En janvier, Trump a annoncé un tarif de 10 % sur tous les produits provenant de huit pays européens, dont le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni, à partir du 1er février, invoquant leur opposition au contrôle américain du Groenland. Trump a également averti que si un accord sur un « achat complet et global du Groenland » n’est pas atteint d’ici le 1er juin, les tarifs monteront à 25 %. De plus, il menaça d’imposer un tarif de 200 % sur les vins français.
Face à ces menaces, les dirigeants des huit pays ont publié une déclaration conjointe avertissant que la menace des tarifs « sape les relations transatlantiques et pourrait déclencher une dangereuse spirale descendante » et ont déclaré que « nous continuerons à nous unir et à coordonner notre réponse et nous engageons à défendre notre souveraineté ».
Macron a en outre averti que le prochain point de bascule dans le conflit États-Unis-UE sera la régulation numérique. Il a déclaré : « Dans les prochains mois, il est certain que les États-Unis lanceront une attaque contre nous sur des questions de régulation numérique. »
Cette remarque fait directement référence à la réglementation du Digital Services Act (DSA) de l’UE concernant les géants technologiques américains. Si l’UE insiste pour faire respecter les entreprises technologiques américaines, Washington pourrait riposter par une nouvelle série de droits de douane. Macron a décrit la situation à laquelle l’Europe est confrontée comme un « double défi » de la part de la Chine et des États-Unis, qu’il a qualifiés de rupture pour les Européens.
Les propos de Macron étaient une préparation au sommet informel des dirigeants de l’UE au château d’Alden Biesen en Belgique le 12 février. L’ancien président de la BCE Mario Draghi et l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta seront également présents pour discuter de la manière de renforcer la compétitivité de l’UE.
Macron a présenté trois grandes initiatives de réforme avant le sommet :
Face à l’offensive tarifaire de Trump, l’UE n’est pas sans atout pour négocier. Macron a déjà exhorté l’UE à utiliser « l’Instrument Anti-Coercition » (ACI), connu sous le nom de « lance-roquettes commerciales », qui peut imposer des sanctions à des individus ou institutions jugés avoir exercé une pression indue sur l’UE.
De plus, l’Union européenne a approuvé l’an dernier des droits de représailles sur environ 210 milliards d’euros de produits américains en réponse à l’imposition par les États-Unis d’un tarif de 25 % sur les produits aciertiques et aluminium de l’UE.