Pourquoi les Philippines militent-elles pour un contrôle plus strict des médias sociaux ? Le sénateur Robin Padilla mène la charge

Le Sénat philippin intensifie ses efforts contre les plateformes de médias sociaux, en particulier Meta, en raison de leur rôle dans la diffusion de désinformation et de leur fonctionnement avec des systèmes algorithmiques non réglementés. Lors d’une session législative le 15 décembre, le sénateur Robin Padilla a présidé une audition examinant trois projets de loi interconnectés visant à lutter contre les fausses informations, à réglementer les algorithmes des plateformes et à criminaliser les opérations coordonnées des farms de trolls.

Le catalyseur de cette escalade ? L’absence répétée de Meta aux procédures du Congrès. Malgré des invitations officielles, la société mère de Facebook n’a pas envoyé de représentant et a plutôt soumis une excuse écrite, ce qui a conduit le sénateur Rodante Marcoleta à proposer une assignation à comparaître. Le contraste était frappant — alors que Meta ignorait la convocation, TikTok a dépêché Yves Gonzalez, son responsable des affaires gouvernementales et des politiques publiques. Le sénateur Padilla a exprimé son exaspération face à ce schéma, notant que Meta donne des excuses depuis le précédent mandat du Congrès.

Trois projets de loi ciblant différents aspects du problème

Projet de loi du Sénat 191 : Lutte contre les fausses déclarations intentionnelles

L’Anti-False Content and Fake News Act propose de cibler la création et la diffusion intentionnelles de contenus en ligne faux ou trompeurs qui nuisent aux individus, à l’ordre public ou à la sécurité nationale. Les législateurs soutenant cette mesure affirment que les cadres juridiques existants sont trop lents par rapport à la propagation virale de la désinformation en ligne. Selon ce projet, le Bureau de la cybercriminalité du Département de la Justice aurait le pouvoir d’émettre des ordres de rectification, des directives de retrait et des mesures de blocage d’accès — le tout sous réserve de protections du due process.

Projet de loi du Sénat 1441 : Dévoiler les algorithmes cachés

Le sénateur Robin Padilla a co-rédigé la Social Media Fairness and Algorithmic Transparency Act, qui déplace l’attention des utilisateurs individuels vers les systèmes algorithmiques qui déterminent le contenu rencontré par des millions de Philippins. Le projet impose aux grandes plateformes de divulguer publiquement comment leurs algorithmes classent, amplifient, suppriment ou rétrogradent le contenu — en particulier le contenu politique — et de se soumettre à des audits indépendants. Le président du Sénat Vicente Sotto III a souligné dans la justification du projet que les flux algorithmiques ont tendance à privilégier le contenu sensationnaliste plutôt que le journalisme basé sur des faits, ce qui compromet finalement une citoyenneté informée et le discours démocratique.

Projet de loi du Sénat 1490 : Criminaliser les réseaux de farms de trolls

L’Anti-Troll Farm Act propose de pénaliser l’exploitation, le financement ou la dissimulation de farms de trolls organisés, y compris les cas où des fonds publics ou des ressources gouvernementales sont détournés pour de la désinformation coordonnée. Le sénateur Robin Padilla a caractérisé les farms de trolls non pas comme un comportement de base, mais comme une machinerie structurée avec des implications dépassant la politique pour toucher la gouvernance et la stabilité nationale.

Le problème central : Les algorithmes fonctionnent sans responsabilité

Tout au long de l’audition, un thème récurrent est apparu — les algorithmes qui influencent les élections, l’opinion publique et la confiance sociétale opèrent actuellement sans aucune supervision réglementaire locale aux Philippines. Les fact-checkers, dont Gemma Mendoza, chercheuse principale de Rappler, ont expliqué les limites de leur travail. Si des organisations indépendantes peuvent évaluer et examiner le contenu, les décisions concrètes concernant l’étiquetage, la rétrogradation ou la suppression relèvent entièrement des entreprises plateformes. Les responsables des forces de l’ordre ont reconnu que les demandes de retrait reçoivent une action immédiate uniquement dans les cas de terrorisme, d’exploitation des enfants ou de sécurité nationale, laissant la fausseté politique et la désinformation générale dépendantes de la coopération volontaire des plateformes.

Équilibrer réglementation et liberté de la presse

Au milieu de ces efforts de réforme, les législateurs et experts juridiques ont souligné une sauvegarde essentielle : tout cadre réglementaire doit protéger la liberté d’expression. Le sénateur Robin Padilla a insisté sur le fait que la réglementation doit renforcer la responsabilité sans nuire à la liberté de la presse. Les experts juridiques ont également exprimé des préoccupations quant au fait que des dispositions vagues pourraient permettre des abus via des accusations de cyberdiffamation contre des critiques et des opposants politiques, appelant les législateurs à protéger explicitement la parole politique, la satire, la parodie et la participation publique.

La commission du Sénat prévoit de peaufiner ces propositions par le biais de groupes de travail techniques avant de les faire avancer davantage.

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