
L’administration Trump a imposé vendredi des sanctions via l’OFAC contre deux plateformes d’échange de cryptomonnaies enregistrées au Royaume-Uni, Zedcex et Zedxion, pour avoir facilité des activités en faveur du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) d’Iran. C’est la première fois que les États-Unis mettent une plateforme d’actifs numériques sur liste noire. Depuis 2022, Zedcex a traité plus de 94 milliards de dollars de transactions, principalement via USDT de Tether sur la plateforme Tron.
Les sanctions de vendredi marquent un tournant majeur dans la politique de Trump concernant les plateformes d’échange de cryptomonnaies. Le Bureau du contrôle des actifs étrangers du département du Trésor américain a annoncé que Zedcex et Zedxion avaient géré des fonds pour le Corps des Gardiens de la Révolution islamique, que les États-Unis et l’Union européenne ont tous deux désigné comme organisation terroriste. L’agence a également sanctionné Babak Morteza Zanjani, un financier iranien, pour avoir financé des projets liés au CGRI après sa libération de prison.
Bien que le Bureau du contrôle des actifs étrangers ait déjà sanctionné auparavant des adresses de portefeuilles ou des fournisseurs technologiques liés à l’évasion des sanctions, c’est la première fois qu’il inscrit une plateforme entière sur liste noire en vertu des réglementations financières contre l’Iran. Ce « premier » revêt une importance capitale, car il montre que l’administration Trump intensifie la régulation des cryptomonnaies, passant d’une répression ciblée sur des adresses ou des fournisseurs à un blocage systématique de plateformes entières.
Le département du Trésor indique qu’enregistrée depuis août 2022, Zedcex a traité plus de 94 milliards de dollars, avec de nombreux échanges impliquant des contreparties liées au CGRI. Ce chiffre est stupéfiant, équivalent au PIB annuel de nombreux pays de taille moyenne, illustrant le rôle central de ces plateformes dans le réseau d’évasion des sanctions iranien.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré dans un communiqué : « Le département du Trésor continuera de lutter contre les réseaux iraniens et les élites corrompues qui s’enrichissent au détriment du peuple iranien. Cela inclut les tentatives du régime d’utiliser les actifs numériques pour contourner les sanctions et financer des activités cybercriminelles. » Cette déclaration montre que la régulation des plateformes de cryptomonnaies par Trump ne se limite pas à la conformité, mais concerne aussi la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme.
Ces transactions sont liées à Zanjani, que le département du Trésor qualifie d’« investisseur criminel iranien ayant détourné des milliards de dollars de revenus pétroliers ». Zanjani est tristement célèbre en Iran pour avoir été condamné à mort pour avoir détourné des milliards de dollars de la compagnie pétrolière nationale. Selon le département, il a été libéré après que sa peine de mort ait été commuée en 2024, dans le but de « blanchir de l’argent pour le régime iranien ».
Ce cas illustre comment les élites iraniennes utilisent les cryptomonnaies pour reconstruire des canaux financiers coupés par le système bancaire traditionnel. Dans ce dernier, il est presque impossible pour une personne avec un casier judiciaire comme Zanjani de déplacer de grandes sommes, mais l’anonymat et la facilité transfrontalière des plateformes crypto leur offrent un nouvel espace d’action. C’est ce défi que la politique de Trump doit relever.
TRM Labs, société spécialisée dans le renseignement blockchain, a rapporté plus tôt ce mois-ci que ces deux plateformes ont traité environ 10 millions de dollars de fonds liés au CGRI depuis 2023, représentant 56 % de leur volume total. Ce pourcentage est énorme, signifiant que plus de la moitié de leur activité provient de transactions avec des entités désignées comme terroristes par les États-Unis et l’UE. La majorité de ces fonds transitent via USDT de Tether sur la plateforme Tron.
USDT comme outil principal : Utilisation de la stabilité et de la large acceptation du stablecoin Tether pour transférer de grandes sommes
Tron comme canal privilégié : La plateforme Tron est choisie pour ses faibles coûts et sa rapidité, idéales pour des transferts fréquents et importants
Enregistrement au Royaume-Uni : La domiciliation au Royaume-Uni donne une apparence de légitimité, mais l’activité réelle se concentre sur le réseau financier iranien
L’usage massif de USDT et Tron dans le réseau iranien d’évasion des sanctions soulève des questions sur la responsabilité des émetteurs de stablecoins comme Tether et des projets blockchain comme Tron. Bien que ces plateformes ne soient pas elles-mêmes sanctionnées, leur infrastructure technologique étant utilisée pour financer des groupes terroristes, cela pourrait pousser les régulateurs à leur imposer des obligations accrues de surveillance et de reporting.
Face à la montée en puissance de la surveillance des activités crypto en Iran, ces sanctions interviennent. Elliptic, société d’analyse blockchain, a rapporté plus tôt ce mois-ci que la Banque centrale iranienne a acheté au moins 507 millions de dollars en USDT, probablement pour soutenir le rial en chute libre. Cela montre comment le gouvernement iranien utilise les cryptomonnaies à l’échelle nationale pour faire face à la pression économique des sanctions américaines.
Le rial iranien a connu une dépréciation importante ces dernières années, aggravée par les sanctions et la crise économique intérieure. La stratégie de la Banque centrale d’acheter des USDT vise à offrir une réserve de valeur stable, tout en contournant le système bancaire traditionnel. Cependant, cette utilisation nationale des cryptomonnaies expose aussi l’Iran à de nouvelles sanctions ciblant ses infrastructures crypto.
Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie plus large de sanctions contre l’Iran. La déclaration de vendredi mentionne aussi des responsables iraniens, notamment le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni Kalaghariha, qui dirigeait les forces de sécurité et participait à la répression des manifestants. Cela montre que l’administration Trump associe sanctions crypto et droits humains, cherchant à faire changer le régime iranien par une pression multidimensionnelle.
Le département du Trésor a indiqué avoir imposé des sanctions à plus de 875 personnes, navires et avions liés au réseau iranien de contournement des sanctions, avec effet prévu en 2025. Les citoyens américains ne peuvent pas faire d’affaires avec ces entités. Ce vaste réseau de sanctions illustre la stratégie de « pression maximale » de Trump pour couper toutes les sources de financement du régime iranien.
Le nombre de morts lors des protestations est difficile à quantifier précisément, mais certains médias estiment que des dizaines de milliers de manifestants ont été tués par le régime ces dernières semaines. L’administration Trump relie ces sanctions à la répression violente, cherchant à renforcer la position morale des États-Unis dans l’opinion internationale tout en exerçant une double pression économique et politique sur Téhéran.
Ces sanctions envoient un signal fort aux plateformes d’échange mondiales. La mise sur liste noire d’entités entières montre que le gouvernement américain renforce ses exigences de conformité. Pour les plateformes opérant à l’international, la défense de l’« ignorance » ou de la « neutralité technologique » pourrait ne plus suffire. Le rapport de TRM Labs indique que 56 % du volume d’échange provient d’entités liées à l’IRGC, un chiffre difficile à obtenir sans leur connaissance ou leur approbation.
La politique de Trump pourrait pousser les plateformes à renforcer leurs mesures KYC (Connaître son client) et AML (Lutte contre le blanchiment). Pour celles souhaitant accéder au marché américain ou collaborer avec des acteurs américains, il sera crucial de mettre en place des systèmes de surveillance plus stricts pour repérer et bloquer les transactions avec des entités sanctionnées. Cela pourrait augmenter leurs coûts, mais c’est une étape nécessaire pour intégrer le système financier traditionnel.
De plus, les émetteurs de stablecoins et les projets blockchain pourraient faire face à une réglementation plus rigoureuse. Bien que Tether et Tron ne soient pas eux-mêmes sanctionnés, leur utilisation pour contourner les sanctions pourrait inciter les régulateurs à leur imposer des mesures plus strictes, comme l’intégration de fonctionnalités de liste noire ou le partage accru de données avec les autorités.
Fin de la traduction complète.
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